Rest in Peace Mr John E Halver

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John Emil Halver

100th ID /399e Régiment, compagnie F (2e bataillon)

John Emil Halver est né le 21 avril 1922 à Woodinville, Etat de Washington. Ses parents venaient de Finlande et du Danemark.  Il se maria en juillet 1944 et eut 5 enfants qui ont fait carrière dans l’armée américaine ainsi que de nombreux petits enfants.

Il avait de nombreux diplômes dans le domaine de la chimie, de la chimie organique et de la biochimie. Il était connu et voyageait dans le monde entier pour ses recherches et découvertes sur la nutrition des poissons, en particulier sur les acides, les acides aminés, les acides gras (rôle des acides gras Omega 3 dans la structure de la membrane d’une cellule), les glucides, les vitamines (métabolisme de la  vitamine C chez les saumons par exemple, élaboration d’un test pour mesurer les vitamines pour le saumon, le rôle de la vitamine B12 comme facteur luttant contre l’anémie toujours chez le saumon)… Vivant dans l’Etat de Washington, il avait un terrain d’expérimentation proche de chez lui avec la rivière Columbia et ses poissons, dont les saumons et les truites.

S’il se consacra à la nutrition des poissons au point de mériter le surnom de « père de la nutrition des poissons », ses recherches débouchèrent évidemment sur l’homme. Le poisson lui servit d’animal test pour étudier certaines formes de cancer, en particulier celles causées par les mycotoxines qui sont également nuisibles pour l’homme. Il a établi une liste de 12 classes de produits chimiques cancérigènes pour la truite, d’où une application pour l’homme. Il détermina aussi le role du déficit en acides gras oméga 3 et du métabolisme du zinc pour le stade initial de la maladie d’Alzheimer.

Il construisit de nombreux laboratoires spécialisés dans ces domaines, fit des conférences, était professeur émérite à l’université de Washington (département des poissons) et écrivit quelque 240 articles sur la nutrition, la toxicologie et le métabolisme, dont le dernier peut-être en 2007 sur le sélénium dans la nutrition des poissons et publia des livres. Il fit la biographie de Charles Glen King, son prédécesseur dans ce domaine, qui découvrit la vitamine C dans les années 30. Son traité sur la nutrition des poissons, que ce soit d’eau douce, d’eau salée, de mers chaudes ou froides…, en est à sa 3e édition et atteint la somme astronomique de 841 dollars, neuf ou d’occasion, et de 240 dollars avec Kindle, la liseuse d’Amazon.

Il créa la John Halver Corporation dont il était le Président jusqu'à sa disparition. Les membres avaient un rôle de consultants.

Il est impossible d’énumérer tous ses titres mais il est certain que la science de la nutrition des poissons, et avec elle la notre, a grandement progressé avec ses recherches et découvertes. Son impact dans le domaine de la nutrition des poissons était immense  ainsi que sur des générations de savants du monde entier. Dans les laboratoires de l’armée américaine, il fit également des recherches sur les besoins nutritionnels des soldats et sur les rations alimentaires des troupes comme des cosmonautes. Il œuvra aussi pendant trente ans au sein de la banque mondiale des Nations unies pour aider les populations des pays en voie de développement à améliorer leur nourriture.

Le Centre international de biographie de Cambridge en Angleterre le nomma un des principaux savants du monde en 2005 pour ses recherches en biochimie nutritionnelle.

En mai dernier, le club de Rotary local (LFP = Lake Forest Park) lui rendit hommage pour ses 59 années de service et créa la John Halver Society dont l’objectif est de récolter des fonds pour une trentaine de projets, dont l’aide aux écoles, la fourniture de dictionnaires aux étudiants, la distribution de paniers repas aux familles nécessiteuses, l’établissement d’une clinique gratuite à Lake City….

 

Nul doute que l’annonce de sa mort a fait l’effet d’une bombe. Il en est de même en ce qui concerne l’association de vétérans de la 100e Division d’infanterie américaine. Il avait fait la guerre au sein du 399e Régiment, compagnie F (2e bataillon). La 100e Division d’infanterie débarqua à Marseille le 20 octobre 1944. Elle eut le baptême du feu dans le secteur de Baccarat début novembre et le 399e Régiment participa aux durs combats pour la libération de Raon l’Etape. On le retrouve ensuite à Senones, puis le long de la route Grandfontaine-Schirmeck. Avec la libération de la vallée de la Bruche le 25 novembre, la campagne des Vosges était terminée et la 100e Division fut transférée au nord d’Ingwiller, avec Bitche pour objectif. Le 399e Régiment affronta les défenses de Lemberg à partir du 6 décembre. L’ennemi était retranché sur les hauteurs qui dominent le village. Le 8 décembre, le 2e bataillon tenta de s’emparer de la colline au nord de la route entre Lemberg et Mouterhouse. La compagnie F finit par réussir, puis elle avança jusqu'à la voie ferrée. L’attaque sur Lemberg se poursuivit dans la nuit du 8 au 9 décembre avec des combats de maison à maison. La compagnie F occupa le secteur de part et d’autre du canyon    que constitue la voie ferrée. De nombreux trous d’homme étaient parfaitement visibles jusqu'à une date récente. Les Gis durent repousser une contre-attaque dans l’après-midi du 9 et le 2e bataillon put prendre le Hochfirst.  Puis il fut relevé et mis en réserve dans le secteur de Goetzenbruck-Saint-Louis.

C’est le 399e bataillon qui devait libérer Bitche en décembre, une fois les combats autour des forts de la ligne Maginot (Simserhof, Schiesseck et Freudenberg) terminés. Mais la 7e armée US dut adopter des positions défensives le 20 décembre suite à un redéploiement causé par le départ de la 3e armée pour les Ardennes les combats faisaient rage. La guerre devint défensive et une longue attente commença pour la population. 

Le 2e bataillon du 399e Régiment se retrouva sur le flanc droit en positions défensives tournées vers l’Est au nord du Kreutzberg et de part et d’autre de la voie ferrée Lemberg-Bitche. Puis il quitta le secteur de la voie ferrée pour que les compagnies G et F occupent le Hochfirst et le Schlossberg.

Apres plusieurs semaines passées à envoyer des patrouilles dans les lignes ennemies,  nous retrouvons le 2e bataillon sur les collines du Signalberg et du Spitzberg. La bataille pour la libération de Bitche commença le 15 mars. Le 399e Régiment devait encercler l’ennemi a l’ouest de l’intersection entre la route de Reyerswiller et de celle de Lemberg-Bitche. La compagnie F attaqua avec le support de chars. La tache fut rude parce que le Spitzberg était dénudé et bien fortifié par des champs de mines (4000 de diverses sortes selon une carte allemande) et des nids de mitrailleuses. La compagnie F était en tête avec des chars moyens. Les chars devaient éliminer les Schu-mines.  Les difficultés commencèrent des le départ : le char de tête dérapa dans la pente et déchenilla, les deux autres furent arrêtés par les mines. La progression ne put reprendre qu’après l’engagement d’un char de réserve et les exploits du sergent Trapani qui élimina les observateurs des mortiers.

Le 16, le 2e bataillon fut tenu en réserve à Reyersviller. Les combats s’achevèrent le 17, l’ennemi fuyant. Le 399e Régiment resta au nord de Bitche jusqu’au 22, puis fut transportépar camions a Ludwigshafen, la campagne d’Allemagne commençait.

John Halver fit les deux campagnes, de France comme d’Allemagne. Quelque part il gagna une Etoile de bronze. Et une blessure lui valut le « Purple Heart ». Comme de nombreux vétérans il ne se vantait jamais de ses actions.

Michel Klein / Lise Pommois

 

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